U.1 Toilettes sèches

Les toilettes sèches sont des toilettes qui fonctionnent sans eau de chasse. Elles peuvent être constituées d’un siège surélevé sur lequel l’utilisateur s’assoit ou d’une dalle dotée d’une ouverture au-dessus de laquelle l’utilisateur s’accroupit (parfois désignée sous le nom de « toilettes à la turque »). Dans les deux cas, les excreta (urine et fèces) tombent à travers un trou d’évacuation.

Dans le Compendium, les toilettes sèches se réfèrent spécifiquement au dispositif sur lequel l’utilisateur s’assoit ou s’accroupit. Dans d’autres documents, elles peuvent faire référence à un éventail de technologies ou à des combinaisons de technologies (notamment des systèmes utilisant des fosses ou des dispositifs à réservoir amovible).

Considérations sur la conception

Les toilettes sèches sont généralement placées au-dessus d’une fosse ; si deux fosses sont utilisées en alternance S.5 , le siège ou la dalle doivent être conçus de manière à pouvoir être soulevés et déplacés d’une fosse à l’autre. La base de la dalle ou du siège doit épouser la forme de la fosse de manière à assurer une utilisation sans risque pour l’utilisateur et empêcher les eaux pluviales de s’infiltrer dans la fosse (ce qui pourrait la faire déborder). Le trou de défécation peut être fermé par un couvercle pour éviter toute intrusion indésirable d’insectes ou de rongeurs. La mise en place d’un couvercle permet également de diminuer les odeurs provenant de la fosse.

Matériaux

Les sièges et les dalles des toilettes peuvent être fabriqués localement avec du béton (sous réserve que l’on puisse se procurer du sable et du ciment). Des modèles en fibre de verre, en porcelaine, en plastique et en acier inoxydable sont également commercialisés. Il est possible d’utiliser des moules en bois ou en métal pour produire des pièces en plusieurs exemplaires de façon rapide et efficace. Il est préférable d’utiliser des surfaces faciles à nettoyer, en particulier dans les toilettes publiques.

Contexte

Les toilettes sèches sont faciles d’utilisation pour la majorité des personnes, mais il faut parfois prendre en compte les besoins spécifiques des personnes âgées ou handicapées, qui peuvent avoir des difficultés à utiliser les modèles où l’on s’accroupit X.10. Leur usage est particulièrement pertinent dans les cas où l’eau est rare ou non-disponible ou lorsque la récupération des nutriments est envisagée. Lorsque les toilettes sèches sont fabriquées localement, elles peuvent être spécialement conçues pour répondre aux besoins des utilisateurs ciblés (par exemple des toilettes plus petites pour les enfants). Là où il n’est pas nécessaire de séparer l’urine et les fèces, les toilettes sèches sont souvent la solution la plus simple et la plus confortable.

Fonctionnement et entretien

La surface sur laquelle l’utilisateur s’accroupit ou s’assoit doit être propre et sèche afin de prévenir la transmission des agents pathogènes et des maladies et de limiter les odeurs. Le nettoyage doit être fait avec de l’eau et une petite quantité de détergent. Il faut éviter l’utilisation de grandes quantités de produits chimiques, car elle peut affecter le fonctionnement de la fosse située en dessous. Les toilettes sèches ne comportent pas de pièces mécaniques, par conséquent les réparations sont rarement nécessaires, sauf en cas de fissure.

Santé et sécurité

La position accroupie étant habituelle pour beaucoup de gens, une dalle bien entretenue peut être la solution la plus acceptable. Comme les toilettes sèches ne comportent pas de siphon, les odeurs peuvent poser un problème en fonction du type de dispositif de collecte et de stockage/traitement auquel elles sont raccordées. Il faut prévoir la mise à disposition de matériel de nettoyage anal et l’installation d’un dispositif de lavage des mains U.7 à proximité.

Coûts

Les coûts d’investissement et de fonctionnement sont en principe faibles. Cependant, en fonction du système de stockage et des conditions locales, la vidange et le transport des boues peuvent constituer un facteur de coût important.

Aspects sociaux

Bien que les toilettes sèches soient une solution largement acceptée, elles ne sont pas appropriées dans tous les contextes culturels et il est nécessaire de consulter les utilisateurs au préalable. En effet, il est rare de réussir à faire changer le comportement des usagers. Il est important que les toilettes reflètent leurs habitudes (position assise ou accroupie, habitudes de nettoyage anal, orientation par rapport au point de prière, etc.) et tiennent compte de l’accessibilité et de la sécurité de tous, c’est-à-dire des hommes, des femmes, des enfants ainsi que des personnes âgées et handicapées X.10. Dans les communautés musulmanes, les toilettes doivent être orientées de manière à ce que les utilisateurs ne soient ni face ni dos au point de prière (qibla) lorsqu’ils utilisent les toilettes. Il arrive fréquemment que les utilisateurs jettent les ordures dans les toilettes (par exemple des bouteilles en plastique) et cette pratique doit être discutée dans le cadre des activités de promotion de l’hygiène X.12 et de la gestion des déchets X.8, car elle affecte de façon négative les opérations ultérieures de vidange des fosses.

Critères de décision clés

Produits entrants

Fèces
Urine

Produits sortants

Excreta

Phase d'urgence

Réponse aiguë + +
Stabilisation + +
Relèvement + +

Caractéristiques des sols

Peu contraignantes

Niveau d’application

Ménage + +

Avec et sans usage d’eau

Sans usage d’eau

Niveau de gestion

Ménage + +
Partagé +
Public +

Complexité technique

Faible

Espace requis

Faible

Objectifs et caractéristiques clés

Barrière entre l’utilisateur et les excreta. Pas besoin d’eau de chasse

Forces et faiblesses

  • Ne dépendent pas d’un approvisionnement constant en eau
  • Peuvent être construites et réparées avec des matériaux disponibles localement
  • Faibles coûts d’investissement et de fonctionnement
  • Adaptable à tous les types d’utilisateurs (assis, accroupis, utilisateurs d’eau ou de matériaux de lavage anal sec)
  • Acceptent de nombreux types de matériaux de nettoyage anal (comme les pierres, les bâtons, les feuilles, etc.)
  • Les odeurs sont normalement perceptibles (même si la chambre ou la fosse utilisée pour recueillir les excreta est équipée d’une conduite de ventilation)
  • Le tas d’excreta est visible, sauf si la fosse est profonde
  • Les vecteurs tels que les mouches sont difficiles à contrôler à moins d’utiliser des pièges à mouches et des couvercles appropriés

Références sélectionnées

Manuel de construction pour différents types de dalles

Brandberg, B. (1997): Latrine Building. A Handbook for Implementation of the Sanplat System. Intermediate Technology Publications, London

Manuels de construction détaillés pour les dalles et le renforcement des fosses

CAWST (2011): Introduction to Low Cost Sanitation. Latrine Construction. A CAWST Construction Manual. CAWST, Calgary, Canada

Morgan, P. R. (2007): Toilets That Make Compost. SEI, Stockholm, Sweden

Morgan, P. R. (2009): Ecological Toilets. Start Simple and Upgrade from Arborloo to VIP SEI, Stockholm, Sweden

Conseils et checklists pour la conception, la construction et l’entretien

Reed, B. (2012): An Engineer’s Guide to Latrine Slabs. WEDC, Loughborough University, Leicestershire, UK

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