X.2 Réhabilitation des infrastructures existantes

La réhabilitation et la reconstruction des infrastructures d’assainissement relèvent en temps normal de la gestion d’agences gouvernementales spécifiques. Toutefois, dans les situations d’urgence ou de post-urgence et en fonction de l’ampleur des dégâts qui en résultent, les organisations humanitaires, la société civile et d’autres organisations, privées et publiques, peuvent collaborer avec le gouvernement pour faciliter les travaux en fonction de l’évaluation des dommages et des besoins. Avant d’envisager la mise en place de nouveaux dispositifs d’assainissement dans une situation d’urgence, il est recommandé d’évaluer les infrastructures existantes et de déterminer celles qui pourraient encore fonctionner et celles qui peuvent être réhabilitées avec un minimum d’efforts. Par exemple après un typhon, toutes les infrastructures situées à la surface du sol peuvent avoir été détruites, mais les fosses peuvent être encore opérationnelles. En réhabilitant la superstructure, il est alors possible de les remettre en service.

La réhabilitation peut être un processus complexe qui, selon la taille des systèmes, peut prendre entre quelques semaines et plusieurs années. Lorsqu’une organisation entreprend un programme de réhabilitation, il est important de se coordonner avec d’autres organisations ainsi qu’avec le gouvernement et d’agir conformément aux politiques et aux normes nationales existantes X.4. Il faut également identifier les programmes gouvernementaux à long terme et développer des liens avec ceux-ci. Après avoir répondu aux besoins urgents des populations, on peut conduire des évaluations supplémentaires afin d’identifier les infrastructures d’assainissement à réhabiliter. Les principes de base consistent à prévenir leur détérioration, à promouvoir des pratiques sanitaires et d’hygiène sûres et à prévenir l’apparition d’une catastrophe liée à l’assainissement. En outre, les efforts de réhabilitation sont une opportunité d’améliorer la qualité des systèmes existants, de protéger l’environnement et de renforcer les communautés afin qu’elles soient moins exposées aux risques et qu’elles soient plus résilientes. Il est donc important d’intégrer le principe de durabilité (ou de pérennité) dès les premières étapes de la réhabilitation.

Conformément aux recommandations du manuel Sphère, il est important de s’accorder sur les normes et les principes de construction avec les autorités nationales et locales compétentes, afin de garantir le respect des principales exigences en matière de sécurité et de performance. Les codes de construction locaux ou nationaux doivent être respectés. Si ceux-ci n’existent pas ou ne sont pas utilisés dans la pratique, les codes de construction internationaux et/ou standards peuvent être adaptés à la situation locale. Lors de la conception, de la construction et de l’entretien des systèmes d’assainissement, il faut prendre en compte la culture locale, les conditions climatiques, les ressources matérielles et humaines disponibles, l’accessibilité et les moyens financiers des usagers.

Assurer la pérennité des programmes de réhabilitation de l’assainissement :

  • Éviter de construire des infrastructures d’assainissement exposées à des risques, inefficaces ou insuffisantes (trop petites)
  • Assurer la durabilité technique - les capacités techniques et les matériaux locaux doivent correspondre au niveau requis par la technologie d’assainissement appliquée
  • S’appuyer sur les connaissances locales et utiliser des matériaux locaux lorsque cela est possible
  • Quand les communautés locales doivent exploiter et entretenir les infrastructures, elles doivent être impliquées tout au long du cycle du projet
  • Accroître les connaissances et les capacités des communautés et des autorités locales, si besoin est, en matière d’exploitation et d’en- tretien des infrastructures qu’elles prendront en charge à terme

Le succès d’un programme de réhabilitation d’installations d’assainissement requiert d’avoir une gestion efficace et pérenne. Pour comprendre quel peut être l’apport des acteurs économiques locaux aux actions de réhabilitation, il faut les répertorier et réaliser une analyse du marché X.13. Ceci permet de définir les stratégies d’intervention comme le soutien financier, les achats locaux et d’autres formes innovantes de soutien afin de profiter des capacités existantes du marché. Ceci permet également d’optimiser les ressources humanitaires, de stimuler le relèvement et de limiter au maximum la dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure. Lorsque des prestataires extérieurs sont impliqués, les conditions de leur participation doivent être claires, notamment la durée du soutien au projet ainsi que les stratégies de passation et de sortie X.6. Le transfert des responsabilités aux autorités locales, à la communauté, aux prestataires de services ou à d’autres organisations doit être assorti d’instructions claires et d’une formation sur l’exploitation et l’entretien des infrastructures.

Références

Brandberg, B. (1997): Latrine Building. A Handbook for Implementation of the Sanplat System. Intermediate Technology Publications, London

Harvey, P. A. (2007): Excreta Disposal in Emergencies. WEDC, Loughborough University, UK

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